Je respire ou tu palpites ,
Tu sais ; à quoi bon , hélas !
Rester là si tu me quittes ,
Et vivre si tu t'en vas ?
Je suis la fleur des murailles ,
Dont avril est le seul bien .
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien .
Tu m'entoures d'auréoles ;
Te voir est mon seul souci .
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envoles aussi .
Si tu pars , mon front se penche ;
Mon ame au ciel , son berceau ,
Fuira , car dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau .
Que veux-tu que je devienne ,
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? je ne sais pas .
L'amour fait comprendre a l'ame
L'univers , sombre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini .
Sans toi , toute nature
N'est plus qu'un cachot fermé ,
ou je vais à l'aventure ,
Pale et n'etant plus aimé .
Sans toi , tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une féte est une tombe ,
La patrie est un exil .
De quoi ouis-je avoir envie ,
De quoi puis-je avoir effroi ,
Que ferai-je de la vie
Si tu n'es plus prés de moi ?
J'en mourrai ; fuis , si tu l'oses .
A quoi bon , jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'elle ne regarde plus ?
Que ferai-je de la lyre ,
De la vertue , du destin ?
Hélas ! et , sans , ton sourire ,
Que ferai-je du matin ?
Que ferai-je seul , farouche ,
Sans toi , du jour et des cieux ,
De mes baisers sans ta bouche ,
Et de mes larmes sans tes yeux !
Aout 18....